
Les
reptiles ne sont pas en reste et, au bord
de cette eau aux reflets émeraude,
salamandres, crapaud, parfois vipères
viennent se rafraîchir après
une bonne journée au soleil. S’il
vous arrive de dénicher un serpent
d’eau, pas de panique. Il s’agit
de la couleuvre vipérine, un être
rampant inoffensif et fort utile pour la
chaîne alimentaire de ce pays. Soyez
donc bon prince pour les serpents qui sont
de toutes façons toujours plus effrayés
par vous que vous ne pouvez l’être
par eux. Ils finiront en casse-croûte
un jour ou l’autre pour quelque hérissons
ou fouines affamés.
De l’autre côté du pont,
à droite, le chemin se faufile dans
le ravin de Maudesse. Il s’agit d’emprunter
la piste de droite et de la suivre tranquillement.
A quelques centaines de mètres voici
une première route forestière
à droite que l’on abandonne
au profit de la piste principale dans le
fond du thalweg. Encore une piste à
droite que l’on néglige pour
prendre cap à gauche.
Rapidement le parcours épouse le
méandre asséché du
vallon. Mais ne vous y trompez pas. Lors
des pluies de l’automne, il ne fait
pas bon se balader dans ces chemins encaissés
et on a déjà vu ici trois
à quatre mètres d’eaux
boueuses débouler en colère
des versants perdus du bois noir pour noyer
le vallon.
Le bassin versant très raide par
endroit suscite au moment des crues un effet
d’accélération redoutable.
On comprend aisément pourquoi les
anciens ont toujours établi leurs
mas sur des zones altières nécessitant
des heures de marche. Une garantie de sécurité.
Le
hameau des Forgerons
Alors certes, ça
grimpe un peu pour atteindre Maudesse, mais
le spectacle vaut la chandelle : à
perte de vue, des bois de chênes verts
avec la nuance rassurante rosée de
la toiture de quelques maisons isolées,
au milieu de cet océan de végétation.
Après un plat, on prendra à
droite pour atteindre le point haut si on
le désire. Sinon on poursuivra tout
droit et avant le croisement en patte d’oie,
à gauche, une belle piste rurale
permet de gagner le hameau de Ferrières.
C’est un groupe de maisons anciennes
qui abritèrent jadis les activités
d’une famille de forgerons très
réputés pour la qualité
de leurs fers à chevaux.
En descendant tout droit, on retrouvera
le pont de Mange-Châtaigne et la fraîcheur
délicieuse de la vallée.