Nous
voyageons avec la compagnie Internationale
des Trains Express à Vapeur qui possède
une ligne touristique au cœur du Gard.
Au départ de la petite gare de Saint-Jean-du-Gard,
on s’agite sur les quais, le départ
paraît proche.
« Fermez les portières, attention
au départ ». Un coup de sifflet
vous réveille les oreilles, un jet
de vapeur lui répond de concert. La
locomotive crache cette fumée anthracite
à l’odeur si singulière.
Et, dans l’élan de quelques soubresauts,
le train démarre sur la route de fer.
Au rythme du petit train, on peut sans peine
et à loisir découvrir, entre
Anduze et Saint-Jean-du-Gard, la face cachée
de la vallée des Gardons et ses admirables
panoramas.
Vous choisirez sans peine entre un périple
en plein air dans des wagons ouverts ou alors
le confort rétro d’élégantes
voitures d’autrefois, au passé
prestigieux.
Le petit train sort enfin des abords du village,
après quelques ralentissements pour
franchir des routes champêtres qui arrivent
des collines environnantes.
A
toute vapeur
Le voilà reparti
de plus belle, dans le rythme cadencé
du chemin de fer digne du Far-West.
Ici, point d’Indiens ou d’attaque
inattendue au détour des tunnels.
Mais plutôt le calme et la tranquillité
légendaires du pays cévenol
qu’on lui connaît bien.
Et pourtant, cette paix naturelle, suscitée
par cette région grandiose, fut
sévèrement troublée
par des guerres de religion qui dévastèrent
notre bon vieux pays d’Oc. Les légendes
sur cette époque sombre d’ici
sont aussi nombreuses que les arbres de
la forêt qui pousse dans la contrée.
On raconte en effet que la ville d’Anduze
fut en proie à de sauvages assauts
mais qu’elle résista jusqu’au
jour où…
C’était avant l’été,
les protestants occupaient une grande
partie de la vallée des Gardons.
Un chef de la rébellion religieuse,
entouré de trois cents hommes armés
jusqu’aux dents, voulaient faire
tomber Anduze. Ne se risquant plus de
face, le chef des camisards choisit la
ruse pour pénétrer dans
la ville qui se trouvait en état
de résister à tous les assauts
et y entretenait une puissante garnison
aux frais de la communauté.
Le
mystérieux souterrain
Informé par quelques
religionnaires d’Anduze sur l’existence
d’un souterrain qui faisait office
d’égout et se déversait
dans le Gardon, en un endroit fort discret,
le chef de guerre avisa. Mais voilà
le mystérieux souterrain obstrué
par une puissante grille au fer très
épais.
« Nenni, qu’à cela
ne tienne, s’insurgea le premier
des religionnaires, nous la couperons
».
Et durant plus d’une douzaine de
nuits, les pieds dans le ruisseau nauséabond,
à la lueur blafarde de quelques
chandelles, les combattants se transformèrent
en serruriers pour limer l’entrave.
De jour en jour la tâche avançait.
Et pour s’assurer que personne ne
s’était douté de la
perfide astuce, les « limeurs »
avaient laissé à l’endroit
un pistolet et une bourse bien pesante
de monnaies de l’époque.
Alors, à la treizième nuit,
une nuit de pleine lune, les camisards
s’engagèrent dans le souterrain.
Ils débouchèrent à
l’intérieur des murs d’Anduze
et se précipitèrent pour
ouvrir les portes aux religionnaires qui
attendaient à l’extérieur
de l’enceinte de pied ferme.
La garnison surprise, fut massacrée
dans la confusion la plus totale. Une
fois de plus les camisards avaient défié
et anéanti l’autorité.
Comme quoi, rien ne reste acquis, ici,
en ce bas monde.
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les Cévennes des Camisards
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